photographie

Bab-El

Valentine Vermeil
  • du 9 janvier au 28 février 2016

Bab-El. Si Valentine Vermeil a choisi d’intituler ainsi la série de photographies qu’elle a réalisées en Israël, c’est qu’elle aime à considérer cette terre comme « une gigantesque tour de Babel, avant que Dieu décide de brouiller les langues et de séparer les hommes ». Sans faire abstraction du conflit qui s’y joue et se lit jusque dans les paysages, elle choisit avec Bab-El de mettre en lumière ce qui rassemble les individus, l’appartenance à un groupe qu’il soit social, ethnique ou religieux. S’éloignant délibérément du traitement médiatique et de l’imaginaire collectif suscité par cette région du monde, son travail, très pictural, sublime les liens qui tissent les communautés. Alternant paysages et portraits, scènes de rue et célébrations religieuses, Bab-El s’attache particulièrement aux femmes, figures matricielles, porteuses d’espoir, de générosité et de vie.

Parcours

Lauréate en 2012 du Prix du Personnel, Valentine Vermeil développe depuis 2004 une pratique documentaire qui rend compte de la diversité et des complexités du monde contemporain. Réalisée en Asie du Sud-Est, sa série « Épiceries de nuit » (2006-2007) constitue un témoignage fascinant sur un élément essentiel du vivre ensemble : le petit commerce de rue. D’autres séries comme « Expressions non verbales » (2002-2004) et « Arcanda, le geste au travail en milieu rural » (2008) s’intéressent au corps comme lieu d’émotion et au geste comme langage. Empreint d’humanisme, son regard se situe à la fois face aux personnes et aux situations qu’elle photographie et à leurs côtés puisque ses clichés transmettent avec finesse l’expérience de chacune de ses rencontres. La série « Bab-El » fait suite à ses séjours prolongés en Israël et à son envie de révéler l’épaisseur du réel. « Mes photographies s’éloignent délibérément du traitement médiatique et des imaginaires suscités par cette région. Mon propos est de mettre en lumière ce qui rassemble les individus, tels les liens et l’appartenance à un groupe qu’il soit social, ethnique ou religieux », explique-t-elle. La série alterne ainsi portraits et paysages, scènes de rue et de ferveur religieuse, de modernité et de rites. Au sein du corpus, Valentine Vermeil s’attache particulièrement aux figures féminines, lesquelles illustrent les changements rapides que connaît la société israélienne, à l’image de cette mariée en tenue traditionnelle s’observant dans un miroir en plastique rose, sans doute « Made in China ».
source : Clément Dirié, historien de l’art pour la collection Neuflize vie.