Transaction

en résidence de création en mars 2017

Des guerres éclatent, les victimes s’accumulent, les images s’empilent. Et paradoxalement, cette profusion d’images, cette hypermédiatisation déshumanise notre émotion, nous éloigne encore davantage.

Après Déplacement en 2016, où il explorait les trajectoires d’exil et de migration forcés, Mithkal Alzghair, chorégraphe et danseur syrien installé en France, puise à nouveau dans son héritage fracturé pour Transaction, dans une installation chorégraphique performative.

À son tour, il crée « des images qui murmurent pour rendre mieux audibles les cris d’effroi qui se cachent derrière ». Des palettes de bois noires, deux corps, jonchent le plateau dans ce qui s’apparente à un paysage post explosion. Les danseurs harnachés à des poulies sont manipulés à vue dans une danse macabre qui joue sur des rapports de gravité et de poids dans un espace conçu par le plasticien Khaled Dawa, tandis que les râles de la chanteuse syrienne Noma Omran se muent parfois en vocalises. Passifs ou actifs, morts ou vivants, les corps qui s’éloignent et qui convergent sont peut-être un peu des deux.